Palais Garnier on Flickr.Via Flickr:
Charles Garnier (1825-1898) est Premier Grand Prix de Rome en 1848. Secondé de confrères et amis de l’École des Beaux-Arts, pour partie d’entre eux également lauréats de la même distinction, il rend un projet dont les châssis portent le numéro 38 et une devise - les projets devant rester anonymes - qui résume assez bien le caractère de son auteur : « J’aspire à beaucoup, j’attends peu ».
Le jury est présidé par le prince Walewski, fils naturel de Napoléon Ier et de la comtesse Walewska. Il est confié à ce groupe d’experts la lourde charge d’examiner les nombreuses propositions déposées. Viollet-le-Duc et Rohault de Fleury sont éliminés au premier tour. Le 30 mai 1861, Charles Garnier, architecte méconnu de trente-cinq ans, est proclamé vainqueur à l’unanimité. Un budget initial de vingt-neuf millions de francs-or est adopté. Il sera, par la suite, amputé d’environ trente pour cent de son montant par le ministre des Finances.
À la surprise des grands architectes « installés » et, peut-être, de Charles Garnier lui-même, au désespoir de Viollet-le-Duc qui doit se retirer prématurément de la compétition, la construction du vaste et complexe ouvrage lui est confiée alors qu’il n’a pratiquement rien construit. Le projet surprend et séduit pourtant le plus grand nombre. Il réunit plusieurs styles harmonieusement agencés qui agrémentent aussi bien élévations et décors intérieurs.
Les principales critiques vont porter plutôt sur l’extérieur et sa succession brutale de volumes distincts qui expriment pourtant clairement les fonctions internes de l’édifice. Ainsi, les emplacements successifs du grand foyer, du grand escalier, de la salle de spectacle, de la scène et de sa cage, du foyer de la Danse et des bâtiments administratifs se devinent aisément et le tout s’enchaîne en une composition aussi érudite qu’évidente. Plans, coupes et façades sont d’une grande clarté et le rapport de grandeur inhabituel entre le volume de la salle et celui de la scène et de ses dispositifs scéniques étonne.

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Charles Garnier (1825-1898) est Premier Grand Prix de Rome en 1848. Secondé de confrères et amis de l’École des Beaux-Arts, pour partie d’entre eux également lauréats de la même distinction, il rend un projet dont les châssis portent le numéro 38 et une devise - les projets devant rester anonymes - qui résume assez bien le caractère de son auteur : « J’aspire à beaucoup, j’attends peu ».
Le jury est présidé par le prince Walewski, fils naturel de Napoléon Ier et de la comtesse Walewska. Il est confié à ce groupe d’experts la lourde charge d’examiner les nombreuses propositions déposées. Viollet-le-Duc et Rohault de Fleury sont éliminés au premier tour. Le 30 mai 1861, Charles Garnier, architecte méconnu de trente-cinq ans, est proclamé vainqueur à l’unanimité. Un budget initial de vingt-neuf millions de francs-or est adopté. Il sera, par la suite, amputé d’environ trente pour cent de son montant par le ministre des Finances.
À la surprise des grands architectes « installés » et, peut-être, de Charles Garnier lui-même, au désespoir de Viollet-le-Duc qui doit se retirer prématurément de la compétition, la construction du vaste et complexe ouvrage lui est confiée alors qu’il n’a pratiquement rien construit. Le projet surprend et séduit pourtant le plus grand nombre. Il réunit plusieurs styles harmonieusement agencés qui agrémentent aussi bien élévations et décors intérieurs.
Les principales critiques vont porter plutôt sur l’extérieur et sa succession brutale de volumes distincts qui expriment pourtant clairement les fonctions internes de l’édifice. Ainsi, les emplacements successifs du grand foyer, du grand escalier, de la salle de spectacle, de la scène et de sa cage, du foyer de la Danse et des bâtiments administratifs se devinent aisément et le tout s’enchaîne en une composition aussi érudite qu’évidente. Plans, coupes et façades sont d’une grande clarté et le rapport de grandeur inhabituel entre le volume de la salle et celui de la scène et de ses dispositifs scéniques étonne.